la fiac et « pensez à eux »…

ceci n’est pas un ready made
ceci est le « grand » lieu

 

 

je voulais donner des sachets au gens
ils essayaient de passer leur chemin m’ignorant
ils s’étonnaient que je n’attende rien en retour
ils souriaient et choisissaient…

ceux qui sortaient du grand lieu, fermés dans leur rôle social passaient
ceux qui venaient d’ailleurs, interpelés par boîte sur son pied s’interrogeaient
le dialogue s’équilibrait, dès qu’ils répondaient à mon entrée en la matière
c’était alors gagné, ils choisissaient l’un des sachets, « syrie », « florange » ou « chine »
la discussion était engagée
j’ai été étonné du « succès », des clous d’acier pour « penser à florange » !!!

pour excuser ceux qui sortaient du grand lieu
j’ai l’impression qu’ils ont l’habitude de solliciter
le touriste, le chaland, l’amateur, le collectionneur sollicite… la galerie, le centre d’art, le musée, la foire…
il vient chercher, dans ces lieux, une rencontre… artistique !?

le lieu lui depuis sa surface médiatique et sa supposée notoriété
essaie d’attirer la sollicitation

alors qu’à mettre mes sachets devant leur nez
je suis dans une action qui devance la fameuse « médiation » du lieu
ils sont obligés de regarder, ils ne peuvent que s’éloigner, s’échapper
d’habitude, c’est eux qui engagent la conversation
là, j’étais celui qui débutais…

franchement, cette inversion du jeu me plaît !
reste à faire d’autres propositions

 


quelle bonne* époque !
jf le scour, 2013
*je sais, je sais, je revendique

 

ps1 : quelques souvenirs subjectifs
un moustachu, directeur d’un média « pure player » me disant
qu’il faisait déjà pour la syrie en tant que journaliste devant mon sachet de sciure
… grand moment de suffisance
un kurde de syrie vivant ici depuis longtemps
énervés par la mort d’enfants tués par l’opposition syrienne aidée par « vous » les occidentaux
prenant un sachet de clous parce qui est à la cgt
… moment d’émotion
un chauffeur de maître qui revient me parler de mes sachets
en disant qu’ils sont un manière décalées de chasser le brouillard devant nos yeux…
…  beau retour, non ?
et pour terminer le pragmatique, qui sourit à la proposition
et ne veux pas s’encombrer d’un sachet… de plus

 

ps2 : ici le début de l’histoire
« pensez à eux »
http://ready.thecroute.com/2013/10/21/pensez-a-eux-d…eux-jours-7290/ ‎