« capitale de la rupture » de keny arkana

ceci n’est pas un ready made
ceci vient de marseille
 
 
 

M.A.R.S.E.I.L.L.E est à la rue
J’ reconnais plus ma ville je ne reconnais plus ma rue
Où est mon centre-ville celui d’avant a disparu
Q.N.Q.N.C.V à tous ces enfants de la rue
A nos rues indomptées génération du grabuge
Ma ville entière a sombré soumise hombre
Pour en faire une belle ville de la côte d’Azur
Marseille City en chantier dernier coup de massue
En faveur de leurs modèles
Des dossiers sous leurs cocktails, grotesque
Qu’a l’heure ou mes frères saluent
Pendant qu’ils construisent leurs hôtels de plus belle
Est ma ville que dans vos têtes
Marseille refaite à notre insu
Fidèles mangent de longues peines aux Baumettes ou à l’huile
Pour pas grand-chose dorénavant on te fera tuer
Qu’est-ce qu’est devenu la joliette l’après expulsions par centaines
Certainement pas ce qu’on aurait voulu
Où est passé la ville du bled
Parait que ce temps est  révolu
Capitale de la culture européenne
Si c’était une blague c’est sûr qu’on ne l’aurait pas cru
Marseille redessinée par Euromed
Venu chambouler toute la culture de la ville
L’écart se creuse ressent la fracture qui s’ouvre Marseille
[Refrain]
[Capitale de la rupture
Capitale de la rupture
Capitale de la rupture
Capitale de la rupture]
Trop peu se sont opposés aux colons de la belle cité de Phocé
Tous leurs plans ne sont qu’à l’opposé
De la tradition de l’esprit
De la ville millénaire qui a toujours rassemblé les communautés
Terre d’accueil ouvert à l’autre, rebelle au roi
Terre d’asile des apôtres commence à la porte de l’orient
Elue capitale de la culture d’Europe
M.A.R.S.E.I.L.L.E est à la rue
J’reconnais plus ma ville parait qu’elle est devenue bien huppe
Choc des cultures 2013 pris de vitesse
Flics et caméras à chaque coin de rue  
Expulsé pour du business vole ce qui reste
Esprit démoli comme ces murs qu’on a toujours tenus
Alors je dédicace les petites teignes antisystèmes
Qu’on souhaite en cage ou pire qu’est-ce que les miens vont devenir ?
Nos rues se remplissent de tristesse
Un jour d’apartheid se dessine
La zone c’était pas que l’ivresse
La camaraderie, la vraie, la joie y’avait pas de carabine
Kalash XS ici la jeunesse est en péril
Rien n’est fait pour elle et ça c’est vrai depuis des piges
Entasser dans des blocs la seule issue c’est dans le shit
Plus d’place dans les réseaux donc ça tire dans le vif
Refont nos quartiers et nous virent
Pendant que la misère s’accroit
Tranquilles se pavanent les touristes
Pendant que mes frères sont au placard
Partout les caméras nous fixent
Pour  mieux aseptiser chaque place et l’identité de la ville
Marseille

c’est elle avec un grand « e »
keny arkana
ici sur le gros-gros tube
sur la machine « cuicuiter »
pour écouter
et le fb

 
 

quelle bonne* époque !
jf le scour, 2013
*je sais, je sais, je revendique
 
 

ps : le documentaire qui va avec
signé par le collectif « La rabia del pueblo« 

via « «Marseille, capitale de la rupture» : le film »
http://www.mediapart.fr/content/marseille-capitale-de-la-rupture-le-film