twenty five…

ceci n’est pas un ready made
ceci est un matin dehors

 

j’avais le camion à charger
oui, un banc que la charmante maman de mina
m’a donné… son patron, au bureau voulait le jeter !
et en passant au bout du passage
j’ai vu le canapé blanc, sous la plaque bleue
canapé et vêtements… à côté de la poubelle verte

j’ai tiré sur une manche
cette manche faisait blouson avec le reste
en cuir, oui, madame mich(o)u
tout neuf… je suis rentré
l’ai essayé
parfait
la journée commençait bien
le banc dans le camion et le cuir sur les épaules

hé, qu’est-ce que c’est… ces vêtements, hein ?
vêtements sur canapé, à la rue, un matin, pour noël
comme disait un graffeur (MQ) sur « l’affichage de mots » du mur
« la crise vous va bien »

ce n’est pas tout !
j’ai croisé hélène, la fameuse
un peu l’égérie du coin
elle revenait de la boîte au lettre
avec sa canne et son maris aux bons mots

hélène a 82 ans, une pelisse achetée au pressing de la rue de la roquette
y-a quelques années… c’est elle qui me l’a dit
hélène a été tapissière, au milieu des « hommes qui parlaient de cul et de bagnoles »
dit-elle, avec son accent « parigo »
c’est mon titi parisien, hélène
elle a des caisses et des caisses d’histoires à raconter
hélène habite __passage lhomme dans le onze
depuis toujours

son fauteuil est toujours prêt « à côté »
hélène, est-ce qu’elle viendra un samedi, hein ?

 


y-a plus d’époque !*
__jf le scour, 2014
*je sais, je sais, je revendique

 

ps1 : dans la rue j’ai croisé un graveur
que j’ai connu du côté du chemin vert
il était avec madame, rue de lappe
viendra-t’il samedi « à côté » ?

 

ps2 : ali, au __coin du passage
avait besoin d’un tour de clef… de 19
du haut d’une échelle pour son store qui se faisait la malle
« LA SUPERETTE DE CHARONNE » n’existe pas si son store n’est pas là
même un jour de noël… sacré ali, il était ouvert
il avait des clefs de voisins à remettre à qui de droit
… m’a-t’il dit !